Je test la pédale fuzz "Illumina pi" !
Riffs à travailler

Fuzz Illumina Pi : le coup de cœur Big Muff made in France

La fuzz Illumina Pi est une de ces rencontres qui ne s’oublient pas.
Une pédale française, façonnée à la main, qui réveille l’âme des Big Muff vintage tout en ajoutant sa propre signature.
J’ai eu la chance de la tester longuement, et autant vous le dire tout de suite : c’est un vrai coup de cœur. Dans cet article, je vous raconte d’où elle vient, ce qu’elle a dans le ventre, et tous les terrains de jeu sonores qu’elle ouvre.
Avant de commencer, une petite précision honnête.
Ce n’est pas un article sponsorisé, ni une histoire d’affiliation.
Yannick, le créateur de la pédale, me l’a simplement envoyée pour que je la découvre. Et le hasard a bien fait les choses, parce que cette fuzz Illumina Pi m’a séduit dès les premières notes.

Une rencontre née d’un concert

L’histoire commence loin d’un magasin de musique. J’ai croisé Yannick Riva lors d’un de mes passages sur scène avec Asian Dub Foundation. Il était dans le public ce soir-là à Annemasse au « Château Rouge ».
Quelque temps plus tard, il m’a contacté sur Instagram, intrigué de voir un guitariste français jouer avec ce groupe.
Il m’a proposé de m’envoyer sa pédale, une fuzz qu’il avait conçue lui-même.

Moi qui adore les fuzz, je n’allais pas dire non.
Je m’attendais à une bonne petite pédale artisanale.
Je ne m’attendais pas à un coup de coeur comme ça. Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé.

Asian dub Foundation en concert
En concert avec Asian Dub Foundation

D’où vient le nom Illumina Pi

Le nom intrigue, forcément. Il cache en réalité un joli clin d’œil à toute l’histoire de la pédale fuzz.
La fuzz Illumina Pi est une réplique de Big Muff, ce monstre sacré de la distorsion né chez Electro-Harmonix à la fin des années 60.

Yannick s’est inspiré du tout premier modèle, surnommé la Triangle.
Ce surnom vient simplement de la disposition de ses trois boutons, agencés en triangle.
Fabriquée entre 1969 et 1972, la Triangle était la Big Muff originale, celle au son le plus énorme et le plus articulé.

De là, Yannick a relié le triangle à la fameuse pyramide des Illuminati, puis au « Pi » des versions ultérieures de la Big Muff.
Le mariage de ces références donne ce nom à la fois mystérieux et impossible à oublier : Illumina Pi.

C’est aujourd’hui la seule pédale de la marque. Une pièce tellement réussie que l’entourage de Yannick l’a poussé à en faire une vraie aventure plutôt qu’un simple exemplaire personnel.

Pour bien comprendre l’enjeu, il faut savoir que la Big Muff a connu de nombreuses versions au fil des décennies, et que chacune sonne différemment.
La Triangle reste la plus articulée et la plus brillante.
La fameuse Ram’s Head, qui lui a succédé au milieu des années 70, propose un grain plus sombre, plus lissé dans les médiums, et c’est elle que beaucoup associent aux leads soyeux de Gilmour.

Sont venues ensuite les versions à ampli opérationnel, plus agressives, prisées du côté du grunge, puis les modèles russes des années 90, réputés pour leurs graves épais et laineux.
En choisissant la Triangle comme point de départ, Yannick a donc misé sur le caractère le plus ouvert et le plus dynamique de toute la lignée.

Un choix qui explique en grande partie la polyvalence de la pédale.

Une belle boîte, et ça compte

Le test a commencé avant même le premier son. Et c’est l’emballage qui m’a mis dans l’ambiance.
On reçoit une vraie belle boîte, soignée, qualitative.
Ça paraît anecdotique, mais ça ne l’est pas.

Quand on déballe certaines pédales haut de gamme, même chez des marques que j’adore comme Strymon, on tombe parfois sur un vieux carton tristoune. Là, c’est tout l’inverse.
On ouvre, on découvre la pédale bien installée, quelques stickers à l’intérieur, un t-shirt, et l’envie de brancher tout ça monte immédiatement.


Le soin apporté à la présentation, c’est déjà une promesse. Et elle est tenue.

Le conditionnement de la pédale fuzz "Illumina Pi"
Le conditionnement de la pédale fuzz « Illumina Pi »

Trois potards, une infinité de possibilités

Sous le capot, la fuzz Illumina Pi reste fidèle à l’esprit des modèles d’époque. On retrouve trois potentiomètres, ni plus ni moins. Mais ne vous fiez pas à cette simplicité apparente.

Le premier, c’est le volume. Classique, il gère le niveau de sortie.

Le deuxième, le sustain, correspond au gain : c’est lui qui décide de la quantité de saturation.

Le troisième, le tone, sculpte le caractère du son. Et c’est lui, selon moi, la grande force de la pédale.

Pour ce test, j’ai branché ma Stratocaster dans un pédalboard volontairement simple.
Mon accordeur Polytune, la Illumina Pi, puis un delay et une reverb pour le plaisir, le tout dans mon Hot Rod.
Rien de superflu.
L’idée était de laisser la fuzz s’exprimer.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Ne jamais sous-estimer "Killing In The Name" à la guitare

Tous les potards à midi, on obtient déjà quelque chose de bien gras. On pousse à peine le sustain aux trois quarts, et la magie opère.

Si vous débutez avec ce genre de fuzz, voici trois réglages de départ pour explorer la pédale sans vous perdre :

  • Lead façon Gilmour : sustain aux trois quarts, tone un peu au-dessus de la moitié, volume à midi. Ajoutez delay et reverb pour l’effet planant.
  • Mur grunge : sustain à fond, tone poussé vers 14 heures, volume selon votre ampli. Idéal pour les gros riffs saturés.
  • Texture douce : sustain à un quart, tone autour d’un quart, et jouez sur le volume de votre guitare pour nuancer.

Ces points de départ ne sont que des invitations.
La vraie richesse de la pédale se révèle quand on commence à explorer les combinaisons entre les potards.

La fuzz "Illumina Pi" possède 3 potentiomètre
La fuzz « Illumina Pi » possède 3 potentiomètre

Le son Gilmour, à portée de pied

Yannick est un grand fan du son de David Gilmour.
Et ça, on l’entend tout de suite.
Dès que j’ai poussé le sustain, une envie m’a sauté aux oreilles : jouer le solo de Time.

C’est cet ADN-là que la fuzz Illumina Pi capture si bien : un sustain qui n’en finit pas, des médiums présents et chantants, des notes qui planent. Ajoutez un peu de delay et de reverb, et vous voilà transporté dans l’univers de Pink Floyd.
Si vous aimez ce son, cette pédale est faite pour vous.

Du Floyd au grunge sans changer de pédale

Ce serait réducteur d’enfermer l’Illumina Pi dans le seul registre de Gilmour.
Cette fuzz sait voyager dans le temps.
En quelques tours de potard, on passe des années 70 aux années 90.

Sustain à fond, tone légèrement poussé pour gagner en agressivité, et on attaque les gros riffs grunge.
Nirvana, Smashing Pumpkins, ce genre de mur du son rageur.
La pédale encaisse, recrache, et garde du caractère. Un peu de delay, un soupçon de reverb, et on s’amuse vraiment.

À l’inverse, en baissant le sustain à un quart et en jouant sur le volume de la guitare, on déniche des textures plus retenues, plus nuancées. La dynamique répond bien. C’est une fuzz qui écoute votre toucher.

Le tone, véritable star de la pédale

S’il fallait retenir une seule chose, ce serait le tone. Yannick a travaillé ce potard pour lui offrir une plage d’action particulièrement large, et le résultat est bluffant de polyvalence.

Tourné vers le grave, autour d’un quart de sa course, le son devient doux, rond, presque feutré.
Couplé à un sustain à midi, on obtient des sonorités caressantes, idéales pour des nappes ou des leads bluesy tout en retenue.

Poussez-le de l’autre côté, vers 14 ou 15 heures, et le caractère change du tout au tout.
Le son devient mordant, agressif, limite tranchant.
J’aime bien dire qu’on flirte avec le son de la tronçonneuse, dans le bon sens du terme.
Entre ces deux extrêmes, une infinité de nuances vous attend.

Pour les amateurs de fuzz plus brute, je pense au groupe Black Rebel Motorcycle Club, et notamment à leur premier album bien crasseux.
Dans mon test YouTube, je joue le riff de Spread Your Love.
En baissant le sustain à un quart et en plaçant le tone autour de 13 heures pour garder du tranchant, on se rapproche joliment de ce grain garage.

Pour qui est faite l’Illumina Pi ?

Cette pédale parle à tous les amoureux du son Big Muff.
Les fans de Gilmour y trouveront leurs leads soyeux et leur sustain interminable.
Les amateurs de grunge auront leur mur de saturation.
Et les explorateurs de textures découvriront, grâce au tone et au sustain combinés, un terrain de jeu quasi sans limites.

Le tout dans un format artisanal, fabriqué en France, avec un soin du détail qui se ressent du carton jusqu’au dernier potard.
C’est rare, et ça mérite d’être souligné.

Mon verdict sur la fuzz Illumina Pi

Vous l’aurez compris, je suis conquis.
La fuzz Illumina Pi coche toutes les cases pour moi : un grain riche et organique, une polyvalence rare grâce à un tone exceptionnellement musical. Je pourrais passer des heures à jouer avec, à chercher de nouvelles couleurs.

Si vous êtes en quête d’une Big Muff au caractère affirmé, faite avec passion, jetez-y une oreille.
Je vous invite à consulter le site officiel d’Illumina Pi pour en savoir plus sur la bête.

Et vous, quel est votre son de fuzz préféré ?
Avez-vous déjà craqué pour une Big Muff ou une de ses descendantes ?
À très vite pour un nouveau test !

Laisser un commentaire